Revue de presse

"Gros plan sur Lokarri"

LE JOURNAL DU PAYS BASQUE
   

"Lokarri mobilise un territoire"

ECRAN TOTAL
   

"Lokarri"

ENBATA
   

"À VOIR Lokarri une première !"

SUD OUEST
   

"La Cita à Biarritz L'histoire d'un film"

SUD OUEST
   

"Lokarri, les liaisons heureuse"

LA SEMAINE DU PAYS BASQUE
   

"Stéphane Rideau est Imanol"

LA SEMAINE DU PAYS BASQUE
   
"
Lokarri" mobilise un territoire
ECRAN TOTAL
Semaine du 17 au 23 juillet 2002

Produit et distribué au Pays Basque, le long métrage de Jean-Pierre Grasset est révélateur d'un cinéma de territoire à l'économie spécifique.

Un jeune champion de cesta punta (pelote basque) dispute les derniers matchs de sa saison. S'il gagne, il partira jouer chez les professionnels en Floride. C'est sa seule motivation, jusqu'à sa rencontre avec une jolie thésarde parisienne venue étudier la culture basque… Lokarri mélange donc la comédie sentimentale moderne, avec dans le rôle principal Stéphane Rideau, bien identifié à ce registre grâce au films de Téchiné, et le suspens sportif autour de la cesta punta, dont les matchs s'avèrent spectaculaires et simples à suivre. Le tournage a duré quatre semaines en février 2000, mobilisant les plus grands champions de cesta punta pour les trois grandes scènes de match du film. Lubomir Bakchev signe la photo, Eléonore Gosset et Nicolas Abraham interprètent les rôles principaux aux côtés de Stéphane Rideau.

Des coproductions transfrontalières
Lokarri est coproduit par Atlan Films (Jean-Pierre Grasset) à Saint-Jean-de-Luz et Alcedo PC à San Sebastian. Son financement est aussi régional que son intrigue. Son devis annonçait un budget de 0,5 M€ et il a concrètement été tourné avec le soutien de sociétés comme Papaye à Toulouse (à laquelle bien des productions indépendantes sont redevables) et des subventions de collectivités territoriales : ainsi, une aide du conseil régional d'Aquitaine pour 30K€ (200KF), mais aussi et surtout une subvention de 0,14M€ (0,9MF) du Fonds Interreg. Ce fonds européen de développement régional) à Bruxelles, vise à soutenir "la cohésion économique et sociale dans l'Union européenne grâce à la coopération transfrontalière". L'activité d'Interreg concerne d'habitude des domaines comme les équipements, les services, le tourisme ou la formation. C'est Aquitaine Image Cinéma, l'association qui œuvre pour le conseil régional d'Aquitaine dans l'audiovisuel, qui a su mobiliser le fonds sur le film. " Notre mission de développement du secteur de l'image en Aquitaine, explique Nicole de Pretto, directrice d'Aquitaine Images Cinéma, inclut une mission de conseil aux producteurs. L'intervention d'Interreg répond à des critères purement économiques de retombées de part et d'autre des Pyrénées. Lokarri est le seul long tourné dans notre région à avoir bénéficié du fonds, puisque le seul dont le producteur délégué était basé en Aquitaine."

Un cinéma de territoire
La prodution de Lokarri a souffert du décès de son réalisateur et producteur Jean-Pierre Grasset (Atlan Films) en fin de postprodution, puis de celui de son coproducteur espagnol. Reprise par Stéphane Sansonetti, Atlan Films a finalement confié la distribution de Lokarri à MC4, société lyonnaise de sous-distribution, qui travaille surtout dans les petites villes dans le Sud-Est. "De par le sujet du film, nous avons préféré le tester avec une petite sortie sur deux copies à Bayonne et à Saint-Jean de Luz " souligne Arnaud de Gardebosc chez MC4. La société avait déjà mené une expérience semblable en distribuant pour Gaumont dans les stations des Alpes une version cinéma du téléfilm Premier de cordée (2x90'), d'après le livre de Frison-Roche connu par tous les montagnards. Avec cinq copies, le film avait dépassé les 10 000 entrées, "de quoi pousser la carrière vidéo ", note Arnaud de Gardebosc. Pour Lokarri, Stéphane Sansonetti prévoit aussi une sortie limitée au Pays Basque espagnol.
Par son intrigue comme par son économie, Lokarri est exemplaire d'un cinéma à très petit budget tirant ses logiques économiques et humaines de son ancrage géographique. En 2001, quarante et un long métrages agrées par le CNC, soit presque un quart du total, annonçaient des devis inférieurs à 1M€. Seul un tiers d'entre eux bénéficiait de pré-achats télé. Beaucoup de ces films doivent, comme Lokarri, leur existence aux logiques de solidarité locales (gratuité, participations) et aux aides des diverses collectivités territoriales, souvent un levier décisif. Manque pour le moment à ce cinéma de territoire un élément clef : une visibilité à l'échelle des régions qui le portent. En effet, il souffre de l'absence de diffuseurs télé régionaux qui pourraient montrer les films et s'associer à la promotion de leur sortie vidéo. Si les stations décentralisées de France 3 ou les futures antennes régionales que promet la TNT achetaient et diffusaient ces films quand ils apparaissent dans leur zone de couverture, les forces qui les font naître s'en trouveraient galvanisées. Et nul doute que les conseils régionaux seraient plus fortement motivés pour soutenir la production cinéma en général.

FRANCK PRIOT