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Jean-Pierre Grasset avait mis quatre ans à monter son
projet. Tout le monde en entendait causer, plus personne n'y
croyait. Sauf lui. Entre temps, il a bien réalisé
quelques documentaires, remarqués. Il fallait bien
avancer. Il réussit même l'exploit de monter
sa propre société de production puisque nul
ne voulait le produire. Atlan Films lui survit aujourd'hui
encore, sous l'il attentif d'Isabelle Capdeville, sa
compagne.
Jean-Pierre Grasset est mort d'une rupture d'anévrisme
au mois de mars 2001. Il venait juste d'achever le montage
du film, son dernier : "Lokarri". Il avait juste
50 ans. Homme de cinéma et de télévision,
dialoguiste, réalisateur, auteur, Jean-Pierre Grasset
avait quitté Paris pour s'installer au Pays-Basque
en 1996. Un an plus tard, il fondait sa société
de production, avec laquelle il réalisa plusieurs documentaires,
pour la plupart consacrés à la culture et à
la musique traditionnelle basque. " Il a fallu tous ces
documentaires pour approcher la culture basque, s'en imprégner,
reconnaît Isabelle. "Lokarri" est construit
à partir de la somme de toutes ces choses qu'il a engrangé
pendant des années."
"Lokarri" sera présenté au public
officiellement pour la première fois, pendant la Cita.
L'homme disparu, son uvre poursuit son chemin et son
dernier film, celui qui lui avait donné tant de mal,
va vivre sa vie. Dans ses notes préparatoires, Jean-Pierre
Grasset a donné quelques pistes pour appéhender
son long-métrage : "Mes intentions de réalisation
tiennet compte du coût modeste de cette production,
écrivait-il. Tournée en en deux semaines de
cinq jours sur quatre décors seulement. L'équipe
technique est réduite pour une plus grande mobilité
et une plus grande discrétion sur les décors,
où les comédiens seront le plus souvent mêlés
aux "vrais gens" qui fréquentent les lieux
choisis pour notre histoire. En résumé, la réalisation
tient plus du reportage."
"IL ÉTAIT LE MOTEUR"
Véritable plongée dans le Pays Basque d'aijourd'hui,
"Lokarri" est l'histoire ordinaire d'un jeune joueur
de Cesta-Punta, fêtard et
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ambitieux, qui rêve d'une vie plus
grande et envisage de partir
en Amérique. Deux
personnes parviendront à le retenir chez lui : Ximixta,
interprété par Henri Daguerre, joueur de pelote
mythique des années 70, parti faire fortune en Argentine,
écrasé de culpabilité et Viviane, une
jeune étudiante dont il tombe amoureux.
Très vite, le jeune Imanol, dont le rôle est
tenu par Stéphane Rideau, comédien fétiche
d'André Téchiné, va renoncer au mirage
américain pour reprendre pied dans sa terre et sa culture
profonde.
"Lokarri" a été présenté
aux acteurs du film, qu'ils soient comédiens, techniciens,
figurants à Saint-Jean-Pied-de-Port, au cours d'une
projection privée.
Ce public privilégié a apprécié
et le geste et le film. C'est ensuite un festival de cinéma
Suisse qui a sélectionné le dernier long-métrage
de Jean-Pierre Grasset, lui réservant un acceuil très
positif. Les spectateurs de la Cita seront nombreux à
découvrir l'histoire d'Imanol dans le cadre de la sélection
"Panorama", mercredi, jeudi et vendredi prochains.
Et "Lokarri"" continuera son chemin dans la
jungle des procustions cinématographique du monde entier.
"Sans Jean-Pierre Grasset, la société
Atlan Films doit poursuivre son activité, nous sommes
actuellement sonnés, dans une période transitoire,
note Isabelle Capdeville.
Il était le moteur de la société, auteur,
réalisateur, producteur. Sans lui
Nous avons pourtant
un réel désir de maintenir cet outil de travail
au Pays Basque."
Puisse ce vu être entendu.
ISABELLE CASTÉRA
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